19 mars 2015

La difficulté d'accepter les choses


Suite à la 2ème échographie me voilà en arrêt de travail pour quelques temps. On était début décembre, je ne reprendrai le travail que début janvier. Ca me laisse plein de temps à la maison pour faire un tas de choses... ou pas. J'ai passé quasiment tout mon temps affalée dans mon canapé ou devant mon pc. J'ai passé tout ce temps où mon corps était obligé de se reposer, à déprimer.

Il y a eu une phase de culpabilité : difficile de me sortir de la tête que j'ai fait quelque chose de mal pour que ce bébé ne soit plus. Est-ce quelque chose que j'ai mangé? Un effort trop important? J'ai beau savoir qu'à ce stade du développement c'est très probablement que l'embryon n'était pas viable, j'ai eu du mal à l'accepter. J'ai fini par l'accepter, mais ça m'a pris longtemps, très longtemps.
J'avais eu une forte montée d'hormones en début de grossesse, et bien là j'ai eu une baisse d'hormones. Et voilà que mon ventre qui s'était bien arrondi a cessé de grossir. Mes seins qui commençaient à grossir ont arrêté leur croissance. Si je n'avais pas su qu'il restait un bébé bien vivant dans mon ventre j'aurais pensé ne plus être enceinte du tout. Enfin presque, parce que les nausées, elles sont toujours bien présentes!

Je me sentais enceinte, je parlais à mes bébés, et voilà que je ne me sens plus enceinte, j'ai arrêté de leur lui parler. Je ne veux pas être une mauvaise mère pourtant, j'obéis à la lettre au docteur : je ne fais rien qui puisse nuire à la santé du bébé. Je caresse mon ventre au cas où il puisse le sentir. Mais je n'arrive pas à lui parler. Et je déprime. Je pleure du matin au soir. Je me sens coupable d'être triste : et si il le ressentait? D'après ce que j'ai lu, non, il ne le ressent pas, ouf!
Les hormones me font pleurnicher devant un film gnangnan ou même une pub guimauve, mais en plus je passe de longues heures à pleurer sur ce bébé qui n'est plus. Je pleure aussi sur mon chat, décédé l'été dernier qui me manque énormément : elle me comprenait et savait me consoler. On a un nouveau chat, mais elle est jeune et pas câline, alors pour le réconfort c'est pas vraiment ça.
Je pleure sur mon sort. Après tout je n'ai jamais rêvé d'être enceinte, et encore moins d'accoucher. Il me semble vivre un cauchemar. Ce bébé j'ai accepté de le faire principalement pour George qui a toujours voulu des enfants. Et aussi pour la moi de dix ans plus vieille qui regrettera (sans doute) de ne pas en avoir fait avant qu'il ne soit trop tard. Je ne l'ai pas fait pour moi, la moi de maintenant qui accepte (très) mal cette situation.

Et puis il y a eu l'annonce de ma grossesse. Noël arrivait, et on devait le fêter dans nos deux familles. Avec mon interdiction de me déplacer, il a fallu expliquer les choses. Pour ma famille, nous avions annoncé la venue des jumeaux, il a fallu leur dire que finalement il n'y en aurait qu'un seul. Pour ma belle famille, on devait y aller le weekend suivant l'échographie, on les a donc appelé. George a annoncé la nouvelle, a expliqué les choses. Et là je l'ai juste maudit, je lui en veux encore pour ça : il m'a passé sa mère alors que je lui avais dit que je ne voulais pas lui parler. Ca aurait pu aller si elle ne m'avais pas sorti un "c'est merveilleux". J'ai bien failli hurler! C'est merveilleux??? Je viens de perdre un enfant et c'est merveilleux??? Bien sûr elle parlait de ma grossesse, et elle n'avait pas de mauvaise intention, mais je lui en veux encore pour ça.

Je pourrais vous dire qu'à présent que je suis à 3 mois de ces évènements, que le temps a passé et que bébé grandit bien, je vais mieux, et que j'ai accepté la chose, mais ça ne serait pas vraiment vrai. Je recommence à peine à me sentir enceinte. Et pourtant mon ventre ne laisse plus aucun doute.
J'ai toujours d'énormes difficultés à parler au bébé. Je me force, mais je n'y arrive pas vraiment. Je m'en veux pour ça, mais je me dis que ça finira par venir.
J'essaie de ne pas trop y penser, je me concentre sur notre bébé qui grandit. Alors je réfléchis à ce qu'il faut acheter pour préparer sa venue. Je lui ai aussi cousu une couverture. En rendant sa présence un peu plus concrète ça m'aide à l'envisager davantage comme un petit être humain, vivant, à venir.

4 commentaires:

  1. J'ai une amie qui a été confrontée l'an dernier à la même situation. Elle aussi attendait des jumeaux mais elle a malheureusement perdu l'un d'eux. Elle a aussi été dans une période de doute et d'interrogation mais elle c'est relevé car il fallait penser à l'autre petit bébé qui était encore en vie dans son ventre. Aujourd'hui elle a une adorable petite fille qu'elle adore plus que tout au monde. Bon courage et bonne grossesse

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    1. Merci pour ton petit mot. Je me concentre aussi sur ce bébé à venir qui est là, bien vivant. Le passé ne peut pas être changé, alors je pense un maximum au futur, et à ce bébé qui va naître.

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  2. Bonjour Marie. Je viens de lire l'ensemble de ton blog et suis très touchée par ton histoire.
    Tu es très courageuse et je suis sûre que tu seras une super maman.
    Tu sais, je pense que tu n'as Nina te forcer et encore moins à culpabiliser si tu n'arrives pas à parler à ton bébé. Fais les choses comme elles te sont naturelles. On sent bien que tu es investie pour autant.
    Prends bien soin de vous.

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    1. Merci pour ton soutien. Je ne suis pas sûre d'être courageuse, j'essaie juste de faire du mieux que je peux. A défaut de parler à mon bébé, j'essaie de chanter, au moins il entend ma voix (de casserole!) c'est mieux que rien.
      Prend aussi bien soin de toi et de ton bébé.

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