16 avril 2015
Et pourtant...
Ça fait 20 fois que je commence cet article et 20 fois que je le supprime. Je sais qu'il ne va pas être très bien reçu, mais j'ai besoin de m'exprimer, alors je me lance...
Depuis aussi loin que je me souvienne je n'ai jamais aimé les bébés. Voilà, c'est dit : je n'aime pas les bébés. Je ne l'ai jamais caché, tout le monde autour de moi l'a toujours su, l'a accepté, enfin je croyais...
Je me suis toujours (presque) heurtée à un mur de refus d'écouter. Quand je dis que je trouve qu'un bébé c'est moche et que ça ne sent pas bon, on me rétorque un "c'est pas vrai". J'ai toujours eu du mal à ne pas m'énerver face à ces remarques désobligeantes : en quoi ce que je pense ne serait pas vrai? Que tu ne sois pas d'accord avec moi, je comprend, mais accepte aussi d'entendre que je ne pense pas comme toi.
J'exprime juste ce que je pense, je n'énonce pas une vérité, seulement une pensée, un ressenti. Je pense ce que je pense, ça n'a pas à être vrai ou faux! Mais on est encore dans un monde où on n'est pas libre de penser ce que l'on veut, ou alors il faut garder pour soit ces pensées que les autres ne veulent pas entendre.
Quelques personnes proches ont fait semblant d'accepter, de tolérer mes pensées. J'écris "fait semblant" car depuis que je suis enceinte, il semble tout naturel à ces personnes que je me mette à idolâtrer les bébés, comme ils sont beaux et mignons et sentent bon. Et ça m'a choquée, je me suis sentie trahie par ces personnes (rares) en qui j'avais confiance. Trahie car ils ne m'ont jamais écoutée, n'ont jamais essayé de me comprendre. Pourtant moi j'ai essayé de les comprendre, et je ne me suis jamais permis de nier le ressenti des autres. Mon ressenti à moi est totalement nié, ignoré, d'ailleurs il ne peut même pas exister.
Il ne s'agit pas de quelque chose de mal, d'illégal ou de moralement répressible, non, simplement un ressenti. Pourtant quand je dis que je n'aime pas les anchois on ne me répond pas "c'est pas vrai". On me laisse la liberté de ne pas aimer les anchois. Mais si j'ai le malheur de dire que je n'aime pas les bébés tout le monde me tombe dessus en m’assommant de toutes les banalités sur le sujet qui vont du simple mais cinglant "c'est pas vrai" au totalement exaspérant "Tu changeras d'avis quand tu en auras un".
Alors non, je n'ai pas changé d'avis, et désolée si j'en choque certains, mais je n'aime toujours pas les bébés. Non, une poussette avec un bébé dedans ne m'émeut pas plus qu'avant. Et oui, j'ai déjà eu le droit à tous les regards outrés et à tous les manques de tolérance possibles de la part de mes proches quand je leur ai fait comprendre que je ne m'étais pas miraculeusement mise à adorer les bébés sous prétexte que je suis enceinte. Alors pour éviter les conflits, encore une fois, je dois me taire. Je dois toujours me taire. Pas de liberté d'expression pour moi.
Ce que la plupart d'entre vous doivent penser, je ne le sais que trop bien : je devrais avoir honte, je serai une mauvais mère, je ne vais pas aimer mon bébé, et je pourrai en écrire des pages du même style que l'on m'a asséné avec une totale intolérance. On m'a traitée d'intolérante, presque de monstre. De la part de personnes qui ne connaissent pas le sens du mot tolérance c'en est ironique.
Oui je suis enceinte, et non je n'aime pas les bébés. Mais en quoi ça m'empêche d'aimer MON bébé? En quoi ça m'empêchera de trouver que MON bébé est beau? Je n'ai pas besoin d'aimer tous les bébés pour aimer le mien. Je n'ai pas besoin de trouver tous les bébés beaux pour trouver le mien beau.
Heureusement que George me comprend lui, qu'il me soutient. Il n'est pas du même avis que moi, mais respecte mes pensées. Et ensemble on va avoir un bébé, un beau bébé, n'en déplaise aux intolérants!
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Bonjour Marie.
RépondreSupprimerQuand tu dis que tu n'aimes pas les bébés, ça me fait bizarre. Non pas parce que je me dis que ce n'est pas possible de ne pas aimer les bébés, comme les anchois, mais parce qu'un bébé finalement ce n'est ni plus ni moins qu'une personne à un certain stade de sa vie. Peut-on dire je n'aime pas les enfants, les ados, les adultes, les vieilles personnes ? Quand j'entends "je n'aime pas les bébés", c'est comme si j'entendais : "je n'aime personne" car tout le monde a été bébé un jour.
Ok, je ne comprends pas les bébés;
Ok, je trouve que les bébés ne sentent pas bons;
Ok, je m'ennuis avec les bébés…
Mais je n'aime pas… ? Est-ce vraiment ça ?
Tu aimeras ton bébé et il ne restera pas bébé longtemps. Tu l'aimeras pour la personne qu'il sera. Mais en fait, c'est pareil pour tous les bébés : on les aime pour ce qu'ils sont/seront.
Il y a une différence entre ne pas aimer les bébés et ne pas aimer un bébé dans son individualité. Je pourrais remplacer le "je n'aime pas les bébés" par "je n'aime pas ça ou ça chez les bébés" sauf que je n'aime rien chez les bébés! Il est donc logique de dire que je n'aime pas les bébés, dans leur globalité.
SupprimerOui un bébé est une personne a un certain stade de son développement, mais je ne connais pas cette personne. Peut être que quand il sera plus agé je l'apprécierai, mais là encore ce sera dans son individualité.
C'est toute la différence entre considérer un groupe de personnes pris avec leurs caractéristiques globales et considérer un individu particulier de ce groupe avec ses caractéristiques propres. Mais là ça devient compliqué car on entre dans des notions de psychologie...
Mon bébé je l'aimerai bébé pour ce qu'il sera bébé, pas en me projetant sur la personne qu'il deviendra dans le futur. Et je l'aimerai à chaque moment de sa vie, quelle que soit son niveau d'évolution. Mais ça ne changera pas que je n'aimerai toujours pas les bébés des autres.
Je n'aime pas les bébés non plus... des autres. Ni les enfants des autres, franchement je m'en fiche. Mais j'adore ma fille... Je l'ai adorée des qu'elle a pointé son nez, au fur et à mesure qu'elle grandissait... Mais je ne suis toujours pas gaga des enfants/bébés, je ne suis pas a dire "oh il est mignon le bébé", je ne les prends pas dans mes bras... Il n'y a rien de grave là-dedans, rassures-toi ;-)
RépondreSupprimerMerci pour ton commentaire, tu me rassures un peu. Je sais que je ne suis pas la seule à penser ça, mais parfois je me sens bien seule à l'exprimer. Les hommes ont le droit de ne pas aimer les bébés ou les enfants et surtout de le dire. Mais en tant que femme la société nous oblige à les aimer. C'est pesant.
SupprimerJe pense en effet qu'on n'est pas "obligé" d'aimer les bébés de façon général, ceux des autres quoi. Pourquoi aimerait-on une petite bouille qui pleure, cri, bave, vomit... Mais je pense aussi que quand il sera là, tu aimeras TON bébé. Qu'il te bave dessus ou non :D
RépondreSupprimerNous nous heurtons à ce genre de problème quand nous affirmons ne pas vouloir d'enfant. Quoi? Mais c'est pas normal! C'est égoïste! comment c’est possible! Il FAUT vouloir des enfants! Ou alors sourire en coin " tu verras, ça changeras dans quelques années". Peut être. Peut être pas ! Rlala, pas toujours facile d'évoluer dans la société quand on rentre pas dans le moule ! Courage et Patience !!
J'ai bien connu ce que tu décris sur le fait de ne pas vouloir d'enfant. Ca vient si ça doit venir, sinon tant pis. Si je n'avais pas rencontré mon mari j'en serais toujours à ce point là.
SupprimerEt oui, c'est difficile de ne pas rentrer dans le moule. Mais je pense qu'il est bien plus important d'être en accord avec soi même que de rentrer dans ce moule. Au moins je peux me regarder dans la glace en sachant que je ne me mens pas à moi même. Se forcer ne sert à rien.
Moi non plus j'aime pas les bébés au sens où je n'aime pas les chats. Dans l'absolu, j'ai besoin de construire une relation avec un être pour dire que je l'aime.
RépondreSupprimerEt oui c'est tout à fait ça! C'est toute la différence entre un être particulier et un groupe.
SupprimerC'est la relation avec un être (personne ou animal) qui fait que l'on aime ou non cet être. Tu as mis des mots là où j'avais du mal à exprimer les choses :-)